Merci Soeur Véronique

Le mois de septembre 2026 marque la fin du mandat de Sœur Véronique Vallat comme référente Santé au Val-de-Ruz.

Rencontre avec celle qui a été pendant 9 ans au service de l’aumônerie dans les EMS et à l’hôpital du Val-de-Ruz, ainsi que pour les personnes âgées à domicile.

Je garde au coeur les rencontres enrichissantes avec les personnes et leur entourage, la magnifique collaboration avec l’Abbé Zygmunt, les partages en simplicité, confiance et profondeur avec les bénévoles, la collaboration avec le personnel des établissements .
Soeur Véronique

Soeur Véronique, qui es-tu ?

Jurassienne d’origine, Sœur Véronique Vallat est Sœur de Saint Paul de Chartres (SPC) depuis 1991. Elle a fêté ses 60 ans ce printemps, ainsi que ses 10 ans de résidence dans le canton de Neuchâtel. Infirmière HMP, puis formée en pastorale, elle a développé l’Aumônerie œcuménique auprès des personnes handicapées mentales du Jura pastoral (AOPH), avant de se former comme accompagnante spirituelle et d’exercer en tant que telle pour l’Eglise catholique dans notre canton. Soeur Véronique a d’abord été au service de la formation des bénévoles de la pastorale de la santé, puis référente santé pour les EMS et de l’hôpital du Val-de-Ruz, ainsi que l’aumônerie au sein de l’hôpital de La Chaux-de-Fonds.

Que gardes-tu de ces 9 ans dans le Val-de-Ruz ?

A la question « que gardes-tu au cœur de ces années au Val-de-Ruz ? », Sœur Véronique répond d’emblée « les rencontres enrichissantes avec les personnes et leur entourage, la magnifique collaboration avec l’Abbé Zygmunt, les partages en simplicité, confiance et profondeur avec les bénévoles, la collaboration avec le personnel des établissements ».

Ces neuf ans auprès de personnes âgées l’ont amenée à  « découvrir ce que peut signifier vieillir et quelques clés pour bien vieillir : demeurer dans l’ouverture, l’émerveillement, la gratitude entre autres », jusqu’à aborder l’avancée en âge comme un joyeux défi à relever. Sourire aux lèvres, elle nous confie que « cela me donne envie de vieillir ». 
Cela a changé son regard sur cette population, que la société présente souvent comme inutile et coûteuse, alors qu’elle a au contraire beaucoup à apporter en termes de savoirs, d’expérience et de sagesse. Sœur Véronique se réjouit d’ailleurs de la récente inscription du droit des aînés dans la constitution neuchâteloise.

Assurant une présence d’Eglise au sein de 8 établissements dans le Val-de-Ruz, RHNe Landeyeux y compris, Sœur Véronique nous partage que les EMS « ne sont pas des mouroirs, mais au contraire des lieux de vie, de communauté, de croissance encore possible ». Pour Sœur Véronique, rencontrer et accompagner des personnes âgées « c’est ‘’compagnnoner’’,et s’émerveiller de leur parcours de vie, de la richesse de leur histoire, du cheminement de leur foi ».
Elle constate aussi que cette population est experte en processus de deuil, non seulement en raison de décès de leurs proches, mais aussi parce qu’en EMS, le personnel change beaucoup (soignants, stagiaires, étudiants, civilistes, etc.). Amenés à vivre sans cesse attachement – détachement, « ces personnes nous apprennent à goûter pleinement les rencontres du moment. Elles nous invitent à vivre l’ici et maintenant, lieu même de la rencontre ». En quelque sorte, elles nous invitent à « exercer l’art d’être, comme on s’exerce à jouer d’un instrument, plutôt que de s’agiter sans cesse dans le faire »,

Sœur Véronique souligne également des changements dans le profil des bénévoles, mieux formés, mais ayant aussi besoin de plus d’écoute et d’accompagnement dans leur propre chemin spirituel. Ce qui suppose plus de temps à mettre à leur disposition. Mais c’est aussi sujet d’émerveillement et de gratitude en étant témoin « de la qualité de l’écoute, l’accueil et le respect mutuels dont se font cadeaux les bénévoles de son équipe, venant d’horizons très différents ».

Action de grâce et reconnaissance

A la fin de notre rencontre, dans la chapelle de l’hôpital à La Chaux-de-Fonds, Sœur Véronique nous partage un beau souvenir, qui illustre bien la posture de l’accompagnant spirituel :  

« Durant un séjour en réadaptation, une dame approchant les 90 ans m’observe faisant le clown avec sa voisine, puis demande à me parler, bien que s’étant détournée de Dieu après la mort de son époux il y a plusieurs années. Se sentant accueillie, non jugée, elle ose se livrer plus avant, revenir sur des souvenirs pénibles de la religiosité de son enfance. Le séjour dure plusieurs semaines et, peu à peu, elle se remet en chemin de foi et redécouvre la présence Dieu dans sa vie. D’autres hospitalisations suivent, dramatiques parfois, où nous nous retrouvons, mais Madame peut à nouveau se raccrocher au Seigneur. Elle regrette mon départ, mais reconnaît que l’important n’est pas tant de m’avoir rencontrée que d’avoir renouée sa relation à Dieu ». Sœur Véronique de se dire alors « mission accomplie »

Après réflexion et discernement, Sœur Véronique a choisi de démissionner de son poste de référente santé au Val-de-Ruz, tout en poursuivant son travail au sein de l’Aumônerie à RHNe La Chaux-de-Fonds (40%).

A dater du 1er octobre, un nouveau défi se présente a elle. Sœur Véronique sera employée (30%) de la Fondation Rencontre et investira ses compétences dans la promotion de la santé chez les 65+ visant leur maintien à domicile le plus longtemps possible. 
Un appel inattendu reçu après sa démission. Comme quoi l’expérience et les compétences d’une sexagénaire peuvent être reconnues aujourd’hui encore sur le marché du travail ; cela aussi est porteur d’espoir.

Grand merci pour ces années d’engagement et pour ton oui à servir le Christ et l’Eglise.

Propos recueilli par François Perroset